C’est la question qu’ont dû se poser les clients du bar en voyant une vingtaine de professeurs entassés devant des assiettes de charcuterie au fond d’une cave.
Merci à vous d’avoir répondu présent, merci à ceux qui nous suivent de loin. Le jour où les réunions du réseau auront lieu au Palais des congrès, ce sera beaucoup plus pratique, mais beaucoup moins amusant.
La réunion a débuté par un point rapide sur les « jumelages » (ces ateliers théâtre de différents établissements qui se rencontrent pour une séance de travail sur les plateaux de nos théâtres partenaires). Huit classes devraient être concernées.
Deux autres classes nous ont fait part de leur intention tardive de s’inscrire dans la démarche, sans passer par un théâtre partenaire, en s’invitant réciproquement dans leurs établissements situés à quelques centaines de mètres l’un de l’autre. Le réseau aura donc également permis à deux voisins de faire plus ample connaissance.
Ce genre d’initiatives, en dehors de tout cadre, témoigne de la vitalité du réseau et des possibilités extensives d’actions individuelles qu’il offre à chacun. Autre signe de cette vitalité : les idées circulent et font des petits, avec Laure Grandjean du collège Lucie Faure qui s’est inspiré du travail de Loïc Le Dauphin et de Thierry Durand, dont les ateliers théâtre partent tous les ans en tournée à travers la France (une initiative qui a le don, notamment, de soutirer des murmures d’admiration aux assemblées). Laure a dégotté pour sa classe une première date de tournée à Narbonne et a volé la vedette à Loïc et Thierry en recueillant pour elle-même le murmure d’admiration de l’assemblée, qui leur revient d’habitude.
La réunion s’est ensuite orientée autour des questions relatives au projet de festival du réseau. Et, avant tout commentaire, nous adressons un immense merci au Théâtre de la Bastille, et surtout à Elsa Kedadouche et Nicolas Transy qui nous permettent de voir grand en nous accueillant le week-end de la pentecôte (du 11 au 13 juin de 14h à 22h). Cette initiative n’aurait pas été possible sans leur enthousiasme et leur ouverture d’esprit.
Après avoir réglé les questions relatives à la date et au moment précis du festival, la question du contenu même de ce festival a été abordée. Les élèves seront-ils invités à présenter des extraits de leurs travaux, des improvisations autour d’un thème, des parcours libres ? Sans trancher définitivement la question, une unanimité s’est dégagée : proposer aux élèves des improvisations n’est pas une bonne idée. L’improvisation demande une grande discipline et une technique que les jeunes n’ont pas nécessairement. Par ailleurs, inviter les élèves dans le cadre de ce festival à présenter des extraits de leurs travaux, est une solution pratique et simple, puisqu’elle ne demande pas ou peu de répétitions supplémentaires, et nous permet d’atteindre notre but : offrir aux élèves un moment privilégié de représentation et de rencontre.
Pour cette première édition, nous avons besoin d’un projet simple à mettre en œuvre et c’est celui-ci qui s’est logiquement imposé. Mais aussi intéressante soit-elle, cette solution nous semble insuffisante : Le temps du festival n’étant pas infini, chaque classe ne disposera que d’un temps très limité ; les projets de chaque établissement sont très différents, comment créer un fil rouge ; la plupart des élèves auront déjà eu l’occasion de présenter leur spectacle devant un public, etc. Enfin il nous semble que cette journée exceptionnelle pourrait être l’occasion d’aller plus loin dans le brassage des élèves et la réflexion pédagogique qui sous-tend le travail quotidien de chacun. En effet, la question du contenu de ce festival nous amène directement à réfléchir à ce qui fait le lien entre nos différentes approches du théâtre dans un cadre scolaire. En cherchant à réunir et confronter tous nos élèves dans une même salle, ce sont nos pratiques pédagogiques même qui se trouvent confrontées et réunies. La question est donc : Quel est le plus petit dénominateur commun entre ces élèves de niveau et d’horizon différents ? Quel serait l’exercice, la pratique qui puisse leur permettre, pour le temps de cette journée, de dépasser la simple succession de présentation de travaux, mais de jouer ensemble et de se confronter les uns aux autres ? Cette question de forme, qui touche au fond, reste posée. Elle nous semble significative de quelque chose qui pourrait ressembler à une méthode de travail et finalement à l’identité de ce réseau émergeant : Une approche résolument empirique et pragmatique, reposant sur l’expérience et l’envie de partage qui anime ses membres, loin des grandes déclarations d’intention et des postures. Cette question se règlera donc au gré des différentes rencontres entre les membres du réseau, à travers nos activités et au lendemain de cette première édition. Et peut-être qu’elle restera en suspens et fera l’objet d’interminables discussions, de tentatives et d’essais, mais c’est ainsi que se constituera et se structurera un réseau qui ressemble à ses membres : indépendants et actifs.
Le premier festival présentera donc un florilège du travail des ateliers théâtre d’Ile de France : saynètes sur les quiproquos, les affaires de famille, la télévision, extraits de Courteline, de Molière, sketch en anglais, lectures à voix haute etc… L’originalité et la diversité du travail des enseignants seront donc mises à l’honneur.
Il a été convenu que le public ne se composeraient que des élèves des ateliers, le festival se voulant un espace de rencontre avant un lieu de diffusion des travaux. Et que plusieurs sessions pourraient être organisées dans la même journée pour pouvoir accueillir le plus grand nombre possible d’élèves.
Ensuite ce qui s’est passé ne regarde que les protagonistes de cette soirée.
Alexandre et Lena